【Députée Angelina Chan】Réflexions lors d’un séminaire sur les relations entre la Chine et l’Europe

Et si le véritable enjeu n’était pas seulement de savoir quelle Chine nous avons en face de nous, mais plutôt quelle Europe nous voulons être face à elle ? 

Cette réflexion, exprimée par Angelina Chan lors du colloque du Centre Jean Gol, résume sa vision des relations sino-européennes. Pour la députée bruxelloise d’origine chinoise, l’Europe doit être capable de défendre ses valeurs et ses intérêts tout en maintenant un dialogue constructif avec la Chine. Il ne s’agit ni de naïveté ni d’alignement, mais d’une volonté de mieux comprendre les réalités de chacun, de dépasser les préjugés et de construire des partenariats fondés sur la réciprocité. Une conviction nourrie par son propre parcours, entre une éducation belge et un profond attachement à ses racines chinoises.

Née et élevée en Belgique au sein d’une famille d’origine chinoise, Angelina Chan revendique pleinement cette double appartenance. Son éducation belge a façonné sa vision de la société, son attachement aux principes démocratiques et son engagement politique, tandis que ses racines chinoises constituent une part essentielle de son identité culturelle et familiale.

Cette double perspective nourrit sa conviction que les différences entre l’Europe et la Chine ne doivent pas nécessairement devenir des obstacles à la coopération.

“ Je suis belge, j’ai grandi avec les valeurs de notre société démocratique et j’y suis profondément attachée. Mais je suis également fière de mes origines chinoises. Ces deux dimensions ne s’opposent pas. Elles m’ont appris à regarder le monde sous plusieurs angles. ”

Pour la députée bruxelloise, la Chine ne peut être appréhendée uniquement à travers ses différences politiques avec l’Occident. Son développement économique, ses capacités industrielles, ses avancées technologiques et sa place croissante dans les échanges internationaux constituent des réalités qu’il convient de reconnaître et d’analyser avec objectivité.

Dans un contexte international marqué par la rivalité entre les États-Unis et la Chine, Angelina Chan estime que l’Union européenne doit davantage affirmer sa propre position sur la scène internationale.

Cela implique de renforcer son autonomie stratégique, sa compétitivité économique, ses capacités industrielles et sa capacité à défendre ses intérêts, tout en maintenant des relations constructives avec ses partenaires internationaux.

Pour elle, l’Europe ne doit être ni naïve ni systématiquement méfiante à l’égard de la Chine. Elle doit privilégier une approche fondée sur les faits, la compréhension mutuelle et la recherche d’intérêts communs, sans ignorer les divergences qui subsistent en matière de gouvernance, de commerce et de valeurs.

”L’Europe doit être suffisamment forte pour défendre ses intérêts et suffisamment ouverte pour dialoguer avec ceux qui ne partagent pas toujours ses convictions. “

La députée souligne également le rôle que peuvent jouer la Belgique et Bruxelles, capitale européenne et carrefour international, dans le développement des échanges économiques, scientifiques et culturels entre l’Europe et la Chine.

Elle plaide pour des partenariats équilibrés, fondés sur la réciprocité, une concurrence équitable et des bénéfices mutuels, notamment dans les domaines de l’innovation, des technologies et de la transition énergétique.

Au-delà des considérations économiques et géopolitiques, Angelina Chan considère que la connaissance réciproque des sociétés constitue une condition essentielle à l’établissement de relations durables.

“ Le dialogue ne nous oblige pas à être d’accord sur tout. Il nous permet de mieux comprendre nos différences et, lorsque c’est possible, de construire ensemble. ”

À travers cette prise de position, Angelina Chan défend une Europe affirmée dans ses valeurs et ses ambitions, capable d’entretenir un dialogue exigeant avec la Chine sans renoncer à son indépendance de jugement.

Une approche qui reflète également son propre parcours qui est celui d’une élue belge profondément attachée à ses racines chinoises, convaincue que l’ouverture et la fidélité à ses convictions peuvent se renforcer mutuellement.

Le séminaire, organisé par le Centre Jean Gore, aurait réuni près de 200 participants, dont plus de 40 représentants des milieux politiques, économiques et universitaires, notamment des représentants des communautés chinoises, des diplomates de l’ambassade de Chine en Belgique et de la mission de l’UE, ainsi que des diplomates de l’ambassade des États-Unis en Belgique.